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 Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]

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Alice B. Jaeger
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MessageSujet: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mer 11 Déc - 14:06

Décembre. Hiver. Le trois cent soixante-huitième jour qu'Alice passait à Circus.

La princesse étendue sous les lourds draps rouges de son lit à baldaquin ouvrit les yeux. Les prunelles couleur de rubis restèrent fixées droit devant pendant quelques secondes, puis la petite albinos se mit en position assise. De part et d'autres du vide que son corps venait de laisser dans le lit étaient des montagnes de nounours. Repoussant les draps, Alice avança à quatre pattes jusqu'à l'autre bout de son lit et descendit délicatement vers le sol. Elle s'assura que sa longue chemise de nuit blanche était bien comme il fallait avant de s'avancer vers sa coiffeuse. Elle s'assit sur le tabouret de velours et avança une main pâle pour caresser tendrement l'oreille de Zeit. Le lapin blanc ne broncha pas, acceptant la caresse de sa place privilégiée à l'écart des autres peluches.

Zeit n'avait en effet pas le même statut que les autres. Le lapin blanc d'Alice était l'un des seuls à avoir un nom. Il était important. Il l'était d'autant plus qu'il était ce qu'Alice chérissait le plus. Ceci le démarquait des autres jouets nommés, figurant aux nombres de trois: Candy, l'ours en peluche multicolore; Loretta, la poupée de porcelaine-boîte à musique et Mister M. le clown bariolé. Tous les autres jouets n'étaient que des sujets sans noms et sans importance.

Une fois ses longues boucles blanches brossées et retenues par un ruban immaculé en une demi-queue de cheval, son corps fin vêtu d'une robe de la même couleur sous laquelle se cachait des armatures en argent, et son ruban rayé attaché à l'aide de sa broche en rubis autour de son col, la petite princesse enfila ses souliers, se saisit de Zeit, et, jetant un dernier regard au ciel gris visible par la fenêtre, trottina hors de sa chambre.

Il ne lui fallut pas bien longtemps pour sortir de l'orphelinat et elle se trouva bien vite sur le territoire des Diamonds, le groupe qui formait sa cour. Elle avançait d'un pas sur mais gracieux, le regard fier et indifférent aux sujets qu'elle croisait. Bien que mobiles, ils se devaient d'être muets tant qu'elle ne leur avait pas adressé la parole. De plus, ils n'existaient pas tant qu'elle n'avait pas porté son attention sur eux.

Sa promenade la mena jusqu'au vieux Merry-Go-Round. Les vestiges de l'ancien manège possédait une force propre à l'incarnation d'un rêve et malgré son état de délabrement il continuait d'inspirer l'émerveillement. Alice appréciait la structure, et elle aimait s'y rendre les jours où le soleil, que sa peau fragile et ses yeux non moins délicats redoutait, se cachait derrière la grisaille.

La petite princesse s'avança sans hésitation vers le vieux manège et se jucha sur un cheval blanc à la peinture écaillée, montant de côté comme les dames de temps passés. Un sourire satisfait aux lèvres, elle installa Zeit à son côté, lui laissant le rôle du prince. Puis fermant les yeux un bref instant elle s'efforça de s'imaginer le manège au temps de sa gloire: ses rouges et or chatoyant, ses lumières multicolores allumées, ses chevaux blancs, noirs et baies fringants et ses carrosses flambant neuf. Le roi, son père, aurait tant aimé voir ce jouet magnifique! Qu'il était dommage qu'il ait disparu. S'il n'était devenu un sujet, il aurait put venir voir cette oeuvre.

- Que ce jouet est beau, Zeit. murmura-t-elle souriante alors qu'une froide brise fit voler ses boucles blanches.

Le lapin blanc, porteur de la montre, ne répondit pas, se contentant d'être immobile et muet.

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Chi E. Ieyasu
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mar 24 Déc - 9:32

En trois mois, l'Harlequin avait changé, et nous pouvons même affirmer, une fois n'est pas coutume, qu'il avait beaucoup trop changé. C'est dire... Le fait le plus marquant ? Sa tenue vestimentaire et ses cheveux ; plus de cheveux longs, mais des cheveux courts et de la même façon, plus de kimono mais une tenue encore plus excentrique. Humpty-Dumpty et Dormouse étaient bien les seuls qui n'avaient pas cherché à comprendre, sachant combien leur chef pouvait se montrer imprévisible. Et puis, il préféra l'Harlequin ainsi, ses cheveux courts ne le faisait plus passer pour androgyne, tout comme sa tenue. ... Un peu trop osée, cela dit, mais nous parlons bien de l'Harlequin...

Une rencontre mystérieuse, et voilà qu'il changeait... Le petit problème était qu'il n'y avait pas que son apparence qui avait changé, comme attestent les tatouages qu'il s'était fait sur le corps... Son caractère aussi avait changé, inexplicablement... D'expressif, il était devenu totalement inexpressif. Ses yeux, habituellement de couleur violette, changeaient de couleur au gré de son humeur... L'Harlequin se permettait plus de moqueries tranchantes, quoique tous le considérait comme un psychopathe depuis bien longtemps. En fait, mais cela très peu le savaient, l'Harlequin avait fait un mixte entre son caractère d'enfant et celui qu'il avait pris adulte. Et évidemment, sa nonchalance n'est pas partie, et non, raté...

C'était ce à quoi Chi pensait en enfilant son pantalon de cuir noir, après s'être hydraté la peau. En passant sur son torse, il se félicita d'avoir une poitrine plate, inexistante si on épargnait ses muscles. Ceci fait, il se mit minutieusement ses bandelettes, qui semblaient toutes être mises au hasard et ce n'était pas du tout le cas, et se leva de son lit. Il se dirigea vers le grand Hall de son immense demeure, et regarda vers le plafond afin de voir l'eau du lac scintiller et miroiter les Rainbow's Waterfalls. Qui étaient toujours aussi splendides. Après avoir enfilé son manteau blanc aux extrémités de fourrure noire, il alla vers un escalier en spirale et le monta. Il leva la trappe qui ne semblait pas en être une et la referma, se retrouvant au sommet d'un arbre.

Il sauta de branches en branches, avant de faire un saut périlleux final et d'atterrir pieds au sol. Là, toujours aussi inexpressif que lors de son réveil, il vit Dormouse qui le rabroua gentiment en se moquant de sa paresse de dormeur, et le second lui quémanda de passer voir l'Old Merry-Go-Round pour voir si tout était bien en ordre. Chi ne dit rien, mais il suffisait de le connaître pour savoir ses pensées, s'approchant de " A peine réveillé, on me refile du boulot ? J'aurais dû continuer de dormir... ", et pour savoir également qu'il se dirigeait déjà vers le plus vieux manège de Circus.

En chemin, il croisa un des Ingénieurs, nombreux, des Diamonds et ce dernier l'arrêta pour lui demander conseil à propos d'une attraction particulière, les visiteurs allant y arriver. Il s'agissait de la Maison Hantée, pour sûr... Lorsqu'il entendit la proposition, l'Harlequin donna son feu vert, en précisant " Du moment que vous ne faites pas fuir les visiteurs... ", et continua son avancée vers le vieux manège. En se demandant une fois de plus pourquoi les Diamonds se cassaient la tête à maintenir cette attraction. Ses yeux, d'un magenta orangeâtre indescriptible, scrutèrent la foule et son visage inexpressif se détourna.

Toujours plus de personnes, et visiblement, la Maison Hantée attirait plus de monde ; c'était déjà ça de gagné. Plus il allait vers l'Old Merry-Go-Round, plus la foule se faisait rare, quasiment inexistante. Beaucoup de visiteurs reluquaient bizarrement l'Harlequin, son excentricité ne passant pas du tout pour discrète, mais ne cherchèrent pas à le suivre. Lorsqu'il fut arrivé à hauteur du manège, siégeant fièrement au milieu d'une place tout aussi délabrée que la peinture écaillée des chevaux de bois, il se permet quelques instants de méditation. Quelques secondes, plus exactement. Une voix féminine et douce.


- Que ce jouet est beau, Zeit.

La brise froide qui fit voler les boucles de la jeune fille tenta de refroidir le visage de l'Harlequin, mais en vain ; loin d'être frileux, ce dernier adorait le froid et l'hiver, et cette caresse aurait pu lui arracher un sourire et détruire ainsi son inexpression. Aurait pu. C'est beau l'espoir... Il contempla Miss Blancheur assise noblement sur un cheval blanc, mais ne dit rien, rien, absolument rien, le néant total. Au lieu d'agir, d'aller vers cette jeune fille qui de toutes évidences semblait très bien sans lui, il ferma les yeux et s'exerça une fois de plus à son Art Martial.

Lors du dernier coup de pied circulaire donné, agrémenté d'un saut périlleux arrière et suivit de la plus célèbre position d'attente, Chi s'assit à même les dalles de pierre. Sortant une bouteille d'eau et en buvant une gorgée, il la rangea dans son manteau et regarda toujours la jeune fille sans ciller, sans bouger d'un millimètre, après s'être mis dans la tout aussi célèbre position de méditation ; le Lotus Bleu, celle que beaucoup appellent à tort et à travers " la position du Yoga ".


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Alice B. Jaeger
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mar 24 Déc - 14:55

Après dix bonnes minutes de jeu s'étant entièrement déroulé dans son imagination, Alice laissa ses pensées se détourner des heures de gloire du vieux manège. Ses yeux couleur de rubis se fixèrent sur le ciel nuageux, perdus dans l'immensité de la mer de nuage qui la surplombait. Sa main caressait mécaniquement mais tendrement les oreilles de son bien-aimé Zeit, et ses lèvres étaient recourbées en un sourire absent. L'air était froid, la brise insidieuse et les seuls bruits venant perturber le calme ambiant étaient les piaillements d'oiseaux et les bruissements d'étoffes occasionnés par les mouvements violents du jouet qui s'était installé un peu plus loin.

S'arrachant à leur contemplation, les yeux sanglants se posèrent sur la silhouette du jouet qui était en train de s'asseoir, dans une position plutôt étrange d'ailleurs. Pour la première fois depuis qu'il était arrivé, Alice le regarda. C'était un très beau jouet. Il avait un corps musclé mit en valeur par des vêtements excentriques, des yeux d'un violet attirant qui brusquement changeait de couleur. Mais ce qui intriguait le plus la princesse dans ce jouet c'était ses cheveux. Il possédait une chevelure blanche similaire à celle de la jeune fille. Contrairement à cette dernière les cheveux du jouet étaient coupés courts mais leur teinte étaient identique.

Alice s'en étonnait car elle n'avait jamais vu une autre personne qu'elle avec une telle couleur de cheveux. Ce blanc éclatant avec lequel les cheveux blanc jaunâtre des vieillards ne pouvait rivaliser. Alice en était venu à penser que c'était cette couleur de cheveux et ses yeux rubis qui la démarquait des jouets et affichait sa souveraineté. Mais voila que ce jouet possédait l'un des atouts qui faisait d'elle un être supérieur. Se pouvait-il qu'il fut lui aussi un souverain?

Intriguée, Alice glissa gracieusement à terre, Zeit ayant repris sa place dans les bras de la jeune fille. Elle s'approcha à petits pas silencieux, jusqu'à ce qu'elle se trouve devant le jouet. Elle observa le visage inexpressif de l'étrange jouet pendant quelques instants puis, se baissant, elle approcha une main pour lui toucher les cheveux. La caresse délicate permit à Alice de confirmer ses soupçons. Les cheveux soyeux du jouet étaient identiques aux siens. Fascinée par cette découverte elle continua à passer ses doigts dans les cheveux de l'autre, les rouages de son esprit tournant à toute allure.

Il ne faisait aucun doute qu'il n'était pas un jouet comme les autres, peut-être même n'était-il pas un jouet du tout. Alors fait impensable d'ordinaire, Alice s'adressa à l'homme comme à un être égal à elle-même.

- Es-tu un souverain? demanda-t-elle, sa main toujours enfouie dans la chevelure blanche se figeant.

Une expression de curiosité sur son visage et un regard inquisiteur posé sur les yeux changeant de l'homme, Alice attendit la réponse de son semblable. Son petit coeur battant plus vite qu'à l'ordinaire à la perspective de découvrir un égal.

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Chi E. Ieyasu
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mar 24 Déc - 17:11

Après s'être étiré sommairement, Chi s'assit dans la position du Lotus Bleu, prêt pour ses quotidiennes séances de méditation, et ferma ses yeux. Lorsqu'il les rouvrit, quelques minutes plus tard, ce fut pour voir ladite jeune fille s'avancer vers lui à pas lents et silencieux. Il posa brièvement sur elle des yeux magenta orangeâtre, soutenant le regard sanglant de Miss Blancheur, et les ferma de nouveau. Se replongeant dans ses méditations, dans l'inexpression la plus totale, il ferma les yeux. Deux minutes de méditation, deux, et il n'avait qu'entamé sa première minute. Se désolant déjà de ne pas pouvoir en faire plus.

Il sentait déjà le regard de la fillette l'observer, mais il persista dans sa méditation, ne cillant même pas lorsqu'il entendit un froissement de tissus tomber avec grâce au sol. Il en avait encore pour dix secondes, et ce n'est pas une gamine de treize années à tout péter qui allait changer cela. Une douce sensation vint s'apposer dans ses cheveux alors qu'il lui restait trois secondes. Quelques secondes après, il rouvrit ses yeux, désormais d'une couleur neige, légèrement orangée. Montrant son indifférence et son calme, mais vu qu'il n'existait pas encore une livre qui traduisait les couleurs des yeux de Chi par les sentiments, émotions, sensations, ressentis correspondants...

La main de la jeune fille continua de caresser doucement ses cheveux soyeux, et Chi se demanda jusqu'à quand elle alla faire cela ; non que cela ne le dérange, mais cette attitude était tout de même excentrique. Alors que la jeune fille s'apprêtait à parler, Chi se mit à esquisser une esquisse de sourire et ce, durant moins d'une seconde. Cette fille était excentrique en tout points, comme tout Diamonds qui se respectait. L'Harlequin connaissait ses sujets, tout de même, et il n'y avait que deux personnes avec des cheveux blancs dans les Diamonds ; la jeune fille et lui-même. Par contre, il n'arrivait à mettre une quelconque nomination sur leur tête.


- Es-tu un souverain ?

La brise froide vint murmurer des mots doux au creux de sa gorge et vint faire danser les cheveux de ladite jeune fille. Il ne lui ne répondit pas de suite, observant l'expression curieuse de Miss Blancheur. Un sourire en coin vint étirer les commissures droites de ses lèvres durant moins d'une seconde, et des étranges yeux couleur neige légèrement nuancé d'orange, il répondit d'une voix masculine, quoique devenant androgyne quant à sa voix qui était aussi légèrement cristalline. Chi est un paradoxe ? Vous devriez déjà le savoir...

- Je suis un souverain, l'Harlequin précisément... Et vous, qui êtes-vous, jolie demoiselle Blanche... ?

Il s'était retenu à la dernière seconde de lui lancer gentiment une petite moquerie, histoire de ne pas avoir Dormouse sur le dos encore une fois. Elle n'avait pas retiré sa main, ce qui le fit sourire mentalement, et il entendit tout aussi soudainement une voix dans son dos. Il tourna légèrement sa tête et jeta au gêneur, qui n'était autre que cet imbécile d'ingénieur qui mentait mal comme Pinocchio, un regard aussi glacial que la mort. L'ingénieur, comprenant qu'il dérangeait, partit et dit seulement qu'il lui soumettrait sa requête plus tard. Chi ne sut s'il devait s'en réjouir ou non.

Il reporta son regard dans celui de la jeune fille et décroisa les jambes, optant pour une pause plus nonchalante. Une jambe pliée à même le sol, l'autre pliée perpendiculairement par rapport à la première. Et il plongea dans le regard sanglant de la jeune fille, préférant se taire. Un grand sage avait un jour écrit à juste titre " Les mots sont des armes, les mots sont des dons, les mots ne se gaspillent pas "*, et depuis quelques temps, cette phrase devenait de plus en plus ses mots d'ordres. Pour ainsi dire.

Il préféra regarder Miss Blancheur et attendre une quelconque réaction de sa part, son inexpression n'avait pas flanchée jusque là et n'était pas prête d'agir de toute façons.


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Alice B. Jaeger
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mer 25 Déc - 16:33

La voix qui lui répondit était légèrement cristalline, fait étrange pour un homme, mais elle plut immédiatement à la princesse immaculée. D'autant que les mots prononcés la firent frissonner de plaisir.

- Je suis un souverain, l'Harlequin précisément... Et vous, qui êtes-vous, jolie demoiselle Blanche... ?

Les yeux de rubis se fermèrent doucement, la jeune fille savourant le moment. Je suis un souverain. Qu'importait le titre, il était son semblable. Il était ce que son père fut un temps et ce qu'elle-même avait été tout au long de sa courte existence: un souverain. Un être supérieur, mais surtout un être qui existait par sa propre volonté. Pas seulement un jouet. Cette découverte la remplissait d'une joie immense. Si régner la contentait, elle se désolait parfois de ne pouvoir converser avec un semblable comme elle le faisait du temps que son père était roi. Ces moments où ils avaient échangé sur leurs activités quotidiennes avaient été de rares instants de tendresse entre le père et la fille. Pendant ces nombreuses discussions ils avaient été une véritable famille.

Elle rouvrit les yeux alors qu'un sourire lumineux s'étalait sur son visage. Elle se laissa tomber à genou face au dénommé Harlequin et continua à caresser la chevelure blanche de ce dernier d'un mouvement lent et délicat. Elle remarqua à peine le jouet qui vint les perturber mais fut ravie de voir l'autorité qui émanait de son semblable. Plus de doute n'était possible, cet homme était un roi. Elle avait trouvé un semblable.

Ce constat ne fit que la ravir davantage, et ce fut souriante qu'elle répondit à la question de l'homme.

- Je m'appelle Alice Belle Jaeger. Quant à lui, il se nomme Zeit. annonça-t-elle de sa voix douce en montrant son lapin du menton. Tu es le premier autre souverain que je rencontre. Père en était un autrefois mais il s'est transformé en jouet...

Elle admira les yeux de l'homme qui avait pris la même teinte que sa chevelure bien que légèrement orangés. C'était fascinant la façon dont ils changeaient de couleur d'un moment à l'autre. C'était d'ailleurs bien la seule chose qui changeait sur son visage. Depuis qu'elle était arrivée, l'expression de l'Harlequin n'avait pas changée. Seuls ses yeux traduisaient quelque peu son changement d'émotions.

- Comment t'appelles-tu? demanda-t-elle après un moment de contemplation silencieuse.

Elle avait cesser de sourire et affichait désormais une expression de curiosité. Sa main avait quitté la chevelure joyeuse de l'Harlequin et reposait à présent sur Zeit qu'elle avait assit sur ses genoux.

Une brise fraîche fit danser leur chevelure respective et Alice ferma les yeux quelques instants, le temps que le vent retombe...

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Chi E. Ieyasu
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mer 1 Jan - 12:56

Le sourire de Miss Blancheur était lumineux, et ne s'arrêta pas. Pas même lorsque ce trouble-fête d'ingénieur vint vers l'Harlequin, qui le fit fuir d'un regard aussi glacial que la mort. Ce qui sembla ravir la jeune fille, qui conservait son sourire lumineux, et qui continuait de caresser la courte chevelure de Chi. Quant à ce dernier, il se dit qu'il fit bien de ravaler au dernier moment sa moquerie, Dormouse lui serait tombé dessus sans aucun état d'âme. Ah, vraiment, ce n'était pas toujours facile d'être l'Harlequin... Il cessa ses réflexions sur des questions existencielles de première importance lorsque Miss Blancheur lui répondit. Chi gardait un visage froid, qui n'avait laissé aucunement filtré ses émotions.

- Je m'appelle Alice Belle Jaeger. Quant à lui, il se nomme Zeit, annonça-t-elle de sa voix douce en montrant son lapin du menton.

Bien excentrique, cette petite, ce qui n'était pas pour déplaire Chi, bien au contraire ; il avait cette fierté lorsqu'il rencontrait un Diamond dont l'excentricité frôlait la sienne. ... Même de très loin, car pour être excentrique, je ne vous raconte pas à quel point il l'est, le bougre. Son visage froid ne bougea pas, mais fut juste légèrement chamboulé par un étirement des commissures droites de ses lèvres, qui formèrent ainsi un très petit et léger sourire. Zeit, disait-elle... ? Toujours bon à savoir, l'Harlequin s'en souviendra au moins. Ceci pensé, la froideur reprit sa loi sur l'expression de Mister Chief. Miss Blancheur continua de manière fluide sa prise de paroles, bien que Chi ait fait une pose réflexion satisfaite intense.

- Tu es le premier autre souverain que je rencontre. Père en était un autrefois mais il s'est transformé en jouet...

Il se serait transformé en jouet... ? Chi considéra sérieusement, et ce pour la première fois, la dénommée Alice. Alice au Pays des Jouets... ? Cela ressemblait effectivement à cela. Les yeux de neige légèrement orangés, Chi changea légèrement sa position pour s'asseoir en seiza. Alice Belle Jaeger... Une fille qui était décidément une Diamonds - incroyable découverte qu'il devait décidément accepter avec réticences -, mais cela l'étonnait. Bien qu'il ait eu vent de son existence, le nom Jaeger ne lui revenait pas. Ce fut à ce moment-là que Miss Blancheur se décida à parler.

- Comment t'appelles-tu ? demanda-t-elle après un moment de contemplation silencieuse.

Son sourire disparaît, mais son visage curieux reprit la relève tandis que sa main avait quitté la chevelure de l'Harlequin. Regardant pour une raison inconnue le lapin blanc qui reposait sur les genoux de Miss Blancheur, Chi observa la jeune fille fermer les yeux avec la nouvelle brise froide de Décembre. L'expression de l'Harlequin resta inchangée, et il ne put s'empêcher de lever la main vers l'horizon, comme s'il suivait le mouvement du vent, ou du moins essayait. Elément qu'il ne comprenait pas toujours, le vent était un signe de liberté. En vérité, il s'agissait plus là d'un pouvoir que Chi ne maîtrisait pas aussi bien que l'eau, l'eau liquide s'entend. Il se demandait quand il allait pouvoir maîtriser ce pouvoir.

Ces réflexions faites, il reboisa son regard froid dans les yeux rougeâtre de Miss Blancheur. Qui aurait pu se douter qu'il ferait un tel geste, tout le monde. Mais dans un tel contexte... Personne n'aurait pu le deviner. Le fait est que, baissant sa main qui avait suivi la brise, il caressa la joue de la jeune fille du bout des doigts, ne lui ayant toujours pas donné de réponses. Il continua son geste quelques secondes encore, et sur une dernière caresse douce du dos de sa main, laissa cette dernière retomber harmonieusement sur ses jambes pliées. Le visage froid, et de sa voix masculine et cristalline, il lui donna enfin la réponse qu'attendait la curiosité insatiable de la jeune fille.

- Je m'appelle Chi Ieyasu, jolie demoiselle Blanche..., dit-il, non sans un certain amusement quant au fait qu'elle ignorait prénom et nom du Chef des Diamonds, amusement qui contrastait avec son visage froid. Vous avez parlé de votre père, tout à l'heure...

Le silence que fit Chi n'était pas pour donner un suspens ou un quelconque style, moins encore pour cacher une mémoire défaillante - qui ne serait jamais la sienne de toutes évidences -, seulement car il cherchait les bons mots pour formuler ce qu'il voulait dire. Plus exactement, pour se convaincre lui-même s'il voulait vraiment savoir ou s'il allait lâcher l'affaire.  Mais visiblement... Cela ne se voyait pas grâce à son visage, mais l'Harlequin semblait lui aussi curieux. Un peu. Un tout petit peu. ... Bon, il était curieux, un peu, envers les personnes qui l'intéressait. Même un tant peu soit-il. Alors disons que Chi était... Intéressé.

- Comment est-il devenu un jouet... ?

Il la fixa durant quelques instants, plus d'une minute, puis regarda aux alentours, à la recherche de brindilles de bois. Non qu'il ne prêtait plus attention à elle, sinon il aurait détourné tout simplement son visage et serait parti depuis longtemps, or ce n'était pas le cas ici, il ne faisait que jeter un regard circulaire aux alentours. La place offrait quelques brindilles, et il alla les rassembler pour les disposer comme s'il remplissait un cercle avec. Il mit les bouts de bois les plus en-dessous, et les plus conséquents - restant maigres - trônaient fièrement au-dessus. Ceci fait, il sortit des allumettes, et embrasa les morceaux de bois, veillant à ce que les légères brises ne soient pas fatales au faible feu.

Il fouilla vraisemblablement dans son manteau, et posa devant lui un sac blanc de taille pas conséquente, mais qui contenait des objets non-négligeables. Il sortit ce qui semblait être un réchaud, mais dépourvu de ce qui les caractérisait ; un endroit pour contenir les flammes. Il le place au-dessus de son faible brasier, et mit une théière dessus, qu'il remplit d'une bouteille d'eau. Les plus intéressantes discussions qu'il avait, longues ou courtes, se faisaient toujours autour d'une ou plusieurs tasse de thé. Ce qu'il ne manqua pas de faire comprendre à Miss Blancheur.

- Hm... Et si nous discutions de tout cela autour d'une boisson chaude... ? Du thé, jolie demoiselle Blanche, ou du chocolat chaud... ?

Il n'avait de toute façons pas d'autres choses sur lui, mais transbahutait déjà des éléments de base en permanence, ce qui était au-delà des espérances de quiconque connaîtrait l'Harlequin. Assez inattendu qu'il s'intéresse à quelqu'un et sorte qu'un sac, qui reposait désormais sous son manteau "invisible" comme avant, sorti de nulle part contienne des objets farfelus à sortir dans un endroit désert.



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[spoiler="H.R.P"]J'espère que tu auras suffisamment de matière :PDésolée de mon retard, bien que je n'atteins pas les sommets d'autrefois... I hope you enjoy reading and answering, little white girl... ~

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Dernière édition par Chi E. Ieyasu le Mer 12 Mar - 11:10, édité 1 fois
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Alice B. Jaeger
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Mer 1 Jan - 14:10

Lorsque ses paupières pâles se soulevèrent, les yeux sanglants virent la main tendue du souverain. Bien que son visage soit toujours aussi impassible qu'avant, il y avait dans son geste quelque chose d'indéfinissable. Une sorte d'espoir mêlé de son contraire. Une tristesse emplie de désir. Une soif de l’inatteignable. Du moins c'est ce qui paraissait à Alice devant cette main tendue vers le vent. Cela lui rappelait le vieil adage sur le vent. Nul ne sait d'où il vient et nul ne sait où il va. Le vent était un élément bien mystérieux...Il se faisait doux pour vous caresser la peau puis glaciale pour la mordre. Il vous poussait doucement le dos pour vous aider à avancer où au contraire soufflait en rafale dans votre visage pour vous empêcher de faire un pas en avant. Parfois il était présent chaque instant pendant des mois, d'autres il disparaissait sans laisser de traces. Mais c'était peut-être ça après tout, ce qui s'appelait la liberté. Ce privilège du vent que les autres êtres ne pouvaient que désirer.

La main de l'homme s'abaissa et ses doigts vinrent frôler la joue d'Alice. La caresse la fit frémir d'aise et ses épaules se détendirent un peu plus. Il y avait si longtemps qu'elle n'avait pas ressentie la chaleur humaine...

- Je m'appelle Chi Ieyasu, jolie demoiselle Blanche...

La réponse de l'homme fit sourire la petite princesse.

- Vous avez parlé de votre père, tout à l'heure...

Le sourire de la jeune fille se fit songeur et son regard exprimait la curiosité. Elle attendit patiemment que l'homme exprime ce qu'il souhaitait savoir sur le défunt roi.

- Comment est-il devenu un jouet... ?

Le visage de la princesse s'assombrit quelque peu et son regard rubis se perdit dans le feuillage de l'arbre. Son esprit tourné vers le passé, elle ne remarqua pas immédiatement le mouvement de Chi. Son attention ne revint sur l'étrange personnage que lorsque celui-ci entreprit d'assembler ses brindilles et de sortir un réchaud comme par magie.

- Hm... Et si nous discutions de tout cela autour d'une boisson chaude... ? Du thé, jolie demoiselle Blanche, ou du chocolat chaud... ?

La promesse de chocolat chaud enthousiasma la jeune princesse et ramena un sourire sur ses lèvres.

- Père était roi. commença Alice de sa voix douce. Nous vivions dans un chateau avec nos sujets qui étaient fabriqués par Père. Un soir, Père a disparu. Je l'ai attendu mais ne le voyant pas revenir je l'ai cherché dans tout le château. Ne le trouvant toujours pas je me suis rendu dans son atelier qui m'était d'ordinaire interdit.

Alice marqua une pause se remémorant la scène.

- Lorsque je suis entrée, j'ai vu des sujets non fini et Père étendu parmi eux dans une mare de liquide rouge. Père était comme les jouets: muet et immobile. Dans un coin, il y avait un jouet qui ressemblait à Mère. J'avais vu Mère dans les portraits. Il yen avait beaucoup car Mère était Reine avant de disparaître. Le jouet qui ressemblait à Mère avait une hache avec le liquide rouge sur lequel était allongé Père sur la lame. Lorsque le jouet s'est approché de moi je l'ai détruit.

Le regard de la jeune fille était distant, perdu dans ses souvenirs. Elle caressait les oreilles de Zeit, sa main frôlant de temps à autre la montre arrêtée.

- Père étant devenu un sujet, je suis partie. les yeux de sang revinrent se poser sur le Chi et un sourire illumina le visage d'Alice. Je suis si heureuse d'avoir rencontré un autre souverain, je ne pensais qu'il y en avait d'autres!

Son sourire rayonnant toujours en place, Alice entreprit de boire son chocolat chaud, frémissant de plaisir lorsque le chaud liquide descendit dans sa gorge.

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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Ven 14 Fév - 19:55

- Père était roi. commença Alice de sa voix douce. Nous vivions dans un château avec nos sujets qui étaient fabriqués par Père. Un soir, Père a disparu. Je l'ai attendu mais ne le voyant pas revenir je l'ai cherché dans tout le château. Ne le trouvant toujours pas je me suis rendu dans son atelier qui m'était d'ordinaire interdit.

Des sujets fabriqués... Faisait-elle référence à ces fameux jouets qu'elle évoquait plus tôt ? Chi se concentrait sur le lait qui chauffait lentement et sûrement, absorbé par les douces vapeurs que produisait la chaleur. La froideur de son visage ne bougeait pas d'un cil pour autant, et ses yeux violets relataient de sa quiétude, son calme, bien que sa face glaciale ne montrait pas un telle sérénité d'esprit. Le silence que fit la Diamond aurait pu laisser place à un discours de mouches ou aux murmures hivernaux du vent, chuchotant à qui voulait l'entendre des informations et des énigmes aussi complexes à saisir au bon moment qu'ardues à déchiffrer. Bien que l'Harlequin ne regardait pas Alice, nul doute que ses oreilles étaient à l'affût, respectant le silence de la Blanche. Parfois, Chi se demandait comment un être vivant ou un objet arrivait pour susciter chez lui plus de cinq minutes d'attention. Haussant les épaules, et laissant le lait lentement chauffer, il releva ses yeux pour les poser dans ceux, rouges, de la demoiselle qui s'apprêtait à parler de nouveau.

- Lorsque je suis entrée, j'ai vu des sujets non finis et Père étendu parmi eux dans une mare de liquide rouge. Père était comme les jouets : muet et immobile. Dans un coin, il y avait un jouet qui ressemblait à Mère. J'avais vu Mère dans les portraits. Il y en avait beaucoup car Mère était Reine avant de disparaître. Le jouet qui ressemblait à Mère avait une hache avec le liquide rouge sur lequel était allongé Père sur la lame. Lorsque le jouet s'est approché de moi je l'ai détruit.

Le Diamond ne fit qu'hocher silencieusement et doucement sa tête, tant pour l'inciter à continuer en lui montrant qu'il comprenait que pour lui signifier que son écoute était omniprésente même s'il ne le regardait pas. Il se replongea dans la contemplation du lait qui chauffait toujours, et remarqua la formation de la peau laiteuse en surface. Respectant, une fois de plus, le silence dont faisait de nouveau part la belle Blanche, Chi prit un bol, et y versa doucement le lait sur le chocolat. Pensivement, il remua le tout, attendant que la bonne couleur lui saute à la rétine avant de passer le breuvage à la demoiselle. Elle avait vu la mort de son père et avait tué sa mère qui était déjà à moitié morte vu qu'elle était censée être un jouet. Le Nonchalant se mit alors à penser à son propre passé, sa propre enfance, qui n'avait pas été plus gaie que celle de cette... souveraine. Oui... Il faut croire que les sales affaires et les coups foireux semblaient graviter autour des Ieyasu, et même au sein de la famille. Il n'avait qu'à positiver, ils étaient encore nombreux... Se sortant de ces pensées empreintes d'humour noir, l'Harlequin donna son bol à la Blanche qui reprit la parole.

- Père étant devenu un sujet, je suis partie. Les yeux de sang revinrent se poser sur le Chi et un sourire illumina le visage d'Alice. Je suis si heureuse d'avoir rencontré un autre souverain, je ne pensais qu'il y en avait d'autres !

Le sourire rayonnant de la fillette aux yeux sanguins semblait être plus contagieux, il venait de lancer une maladie très rare chez notre Harlequin ; ce dernier souriait, d'un sourire léger, lumineux, mais pas aussi discret que les autres. N'importe quel Diamond connaissant leur Dirigeant aurait cru avoir rêvé et aurait interprété ce sourire bien autrement ; mais non, Chi souriait. Il y avait de quoi crier à la fin du monde, ou mieux, que Nightmare ait décidé de ramener sa frimousse et de créer une nouvelle petite ère de cauchemar, rien de bien méchant, ce dont l'Harlequin doutait, cependant. Il entreprit, quant à lui, de verser le lait chaud dans son bol, auquel il rajouta un liquide rougeâtre qui, par l'odeur, pouvait faire penser à la grenade. Le fruit, Chi n'étant pas encore un terroriste suicidaire. Il ne dit rien pendant un certain temps, préférant se poser tout une batterie de questions les plus existentielles les unes que les autres, et qui concernaient de près ou de loin les révélations d'Alice. Alice... Ce n'était pas le nom d'une Heart, cela, ou bien c'était encore un des prénoms les plus répandus dans Circus... ? Reboisant son regard sur la demoiselle, le Nonchalant se décida enfin à parler.

-" De même, jolie demoiselle Blanche... Je ne pensais pas que cette journée me réserverait une si heureuse rencontre, et je suis agréablement surpris... "

Son lait étant légèrement teinté d'une nuance de rouge moindre, il entreprit d'en boire une gorgée, et d'enlever le réchaud du petit feu afin de le laisser refroidir avant de le ranger. Tournant légèrement sa tête, l'Harlequin se mit à regarder l'Old Merry-Go-Round, avec ses peintures écaillées qui n'étaient qu'un moyen de montrer son ancienneté. Une autre preuve que Chi virait au cas clinique ; il ne savait plus que dire, ni que faire, si ce n'est boire son breuvage et se poser toute un panel de questions les plus philosophiques les unes que les autres, comme par exemple s'il devait se la jouer indifférent à sa fonction mais travailler tout de même, ce qu'il faisait tout le temps, ou bien s'il devait sacrifier son temps pour cette personne qui avait réussi le miracle de le captiver. La réponse fut très vite trouvée. Très très peu d'êtres, vivants ou inertes, arrivaient à intéresser ou à captiver l'Harlequin, et il n'allait pas laisser la demoiselle Blanche lui filer entre les doigts. Il eut un sourire léger, et se remit à parler.

-" Et si nous nous baladions après avoir fini nos breuvages respectifs, qu'en dites-vous, jolie demoiselle Blanche... ? "

Il continua de boire son bol, lentement et sûrement, et rangea le réchaud qui était désormais froid dans son sac. Il prit le récipient qui avait servi à réchauffer le lait, et l'aspergea longuement d'eau, qui sortait de ses mains, jusqu'à ce qu'il estime que l'ustensile était fin propre. Son pouvoir étant l'eau, il n'eut aucun mal à doser suffisamment pour avoir un certain afflux qui viennent nettoyer efficacement chaque recoin de métal. Il rangea l'ustensile à son tour, et rebut une gorgée de son breuvage. Alors qu'il s'apprêtait à reprendre la parole, il fut coupé net par l'ingénieur qui l'avait dérangé tantôt, et aussitôt, sa face glaciale revint au galop ; plus de sourires, ses yeux dorés revinrent à la charge. L'ingénieur lui fit part d'une réunion, qui se tiendrait dans la salle de réunion des Diamonds, qui se trouvait en plein milieu des attractions, sur le débat de l'Old Merry-Go-Round. Un débat avait été soulevé, pour rétablir totalement le manège et qu'il soit accessible au grand public. Chi, de nouveau, lui jetant un regard envenimé d'une noirceur pénétrante et ténébreuse, ainsi que d'une mortelle froideur. Pinocchio. Encore cet ingénieur, certes ingénieux, mais qui avait un caractère exécrable et qui mentait comme il respirait. Outre le fait que son physique de marionnette en bois soit un des mystères des Diamonds et qu'il constituait à lui seul une attraction de Circus, tant tous ces honnêtes gens étaient dévoués aux contes et à ces fameux dessins animés de... Walt Disney.

En tout cas, nul doute que Chi s'apprêtait à l'écharper. Pour une fois qu'il conversait avec une personne intéressante, il fallait qu'un crétin de sous-fifre de huitième ordre vienne déranger et perturber l'ambiance qui s'était instaurée... Chi était maudit, d'une malédiction profonde et très complexe, sans aucun doutes. Mais alors qu'il s'apprêtait à enfermer la tête de cet ingénieur horriblement énervant dans une boule d'eau, son visage froid resta aussi glacial que la mort, bien que ses yeux allèrent dans une couleur noire obscure. Chi était surpris de la réaction de la belle demoiselle Blanche, même si cela ne se voyait absolument pas.

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Alice B. Jaeger
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MessageSujet: Re: Sur les vestiges d'un rêve brisé [Diamonds forever with Chi]   Lun 3 Mar - 11:02

Qu'il était beau quand il souriait! Si le sourire de Chi n'était pas aussi radieux que celui d'Alice, il était empreint de l'élégance des souverains. En un instant, la princesse décida qu'elle aimait le sourire de son semblable. Elle ne se rappelait pas avoir vu le sourire d'un souverain auparavant. Du moins, pas un sourire lumineux comme celui qui lui était dédié présentement. Le défunt Roi, son père, avait parfois montré des semblants de sourires. Mais ils étaient las et brefs. Et bien souvent il paraissait à Alice que ce n'était que des sourires de courtoisie.

Il y avait quelque chose de fascinant à voir un être aussi parfait que ce souverain sourire pour elle. D'ailleurs Alice passa de nombreuses minutes à observer l'expression de son semblable. L'homme quant à lui, semblait être perdu dans ses réflexions. Ils passèrent ainsi plusieurs minutes en un silence confortable.

" De même, jolie demoiselle Blanche... Je ne pensais pas que cette journée me réserverait une si heureuse rencontre, et je suis agréablement surpris... "

Les mots du souverain firent naître une bouffée de chaleur dans la poitrine d'Alice. Elle pouvait le déclarer: ce jour était sans conteste le plus heureux de son existence.

" Et si nous nous baladions après avoir fini nos breuvages respectifs, qu'en dites-vous, jolie demoiselle Blanche... ? "

La princesse, sans jamais se départir de son sourire et de ses manières impeccables, but la dernière gorgée de chocolat et posa le gobelet devant elle.

"J'en serais enchanté." répondit-elle de sa voix douce.

La demoiselle regarda tranquillement l'homme s'affairer à nettoyer et ranger ses ustensiles. Elle ne fut nullement surprise de voir le souverain faire jaillir de l'eau de nul part. L'homme était, après tout, un être destiné à régner comme l'attestait sa chevelure blanche. Il était tout naturel qu'il possède des pouvoirs supérieurs.

Chi finit de ranger son matériel et but une gorgée de son breuvage. Il semblait à Alice que le souverain s’apprêtait à dire quelque chose mais il n'en eut pas le temps puisqu'un jouet l'interrompit.

Alice fut instantanément happé par le physique du jouet. C'était un pantin, fait de bois, dont le nez était tout particulièrement long. La jeune fille observa la poupée avec un certain amusement. Elle n'avait jamais vu de tel jouet. Il était certes simple par sa structure mais il y avait une intelligence dans la façon dont il avait été construit. Ayant grandi entourée de jouets de toute sorte, Alice pouvait affirmer que le pantin s'il n'était pas un chef d’œuvre était tout de même le produit d'un travail méticuleux et d'une main adroite.

La fillette se mit gracieusement sur ses pieds et s'approcha du pantin. Ses yeux couleur sang parcoururent les membres en bois et le long nez du jouet. Elle perçut un certain malaise chez le jouet ce qui l'amusa grandement. Un petit rire plaisant lui échappa.

"C'est un jouet magnifique que tu as là." dit-elle en se tournant à nouveau vers son semblable. "Qui donc l'a construit?"

Sans plus s'occuper du pantin, elle alla s'asseoir au côté de l'homme à la chevelure blanche.

"Le travail est remarquable. Il me plairait bien de rencontrer l'artisan qui en est à l'origine."

Elle appuya sa tête contre l'épaule de l'homme.

Nul doute que celui qui avait créé ce pantin était un souverain ou un jouet s'approchant de ce titre. Quelque soit le cas, il était un être remarquable qui valait l'attention de la princesse.

Du coin de l'oeil elle vit le pantin déguerpir mais n'y prêta pas attention. Son regard était de nouveau happé par la grande beauté du souverain à ses côtés. Une idée se forma dans sa tête et en quelques instants prit le contrôle de son esprit.

"J'aimerais t'appeler Grand Frère." dit-elle, son sourire remplacé par un air de gravité. "Puis-je t'appeler ainsi?"


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